Connected but alone – Sherry Turkle


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1996, Sherry Turkle donne sa 1er conférence TED suite à la parution de son livre « The Second Self » où elle faisait l’éloge de la génération internet

 

Mais de ce TED Talk c’est un tout autre discours que va tenir Sherry Turkle.

 

« Nous laissons la technologie nous emmener où nous ne voulons pas aller »

 

Sherry Turkle nous explique dans ce TALK, qu’il ne faut plus voir la technologie et notamment les objets connectés comme des facilitateurs de notre quotidien, qui nous permettrons de gagner du temps, d’être plus efficace, non. Ces objets connectés changent désormais non pas uniquement notre manière de faire mais notre manière d’être.

Ces objets sont entrés dans notre quotidien de manière si automatique, évidente peut être par la pression social, que nous ne nous rendons pas compte qu’il nous arrive de nous comporter d’une manière que nous aurions qualifié d’étrange il y a quelques années.

Par exemple : nous regardons et envoyons des mails en réunion. Nous vérifions si nous n’avons pas de notifications toutes les heures. Nous regardons un film et en même temps nous surfons sur internet.

Conséquence ? Elle est directe envers notre rapport aux autres. Nous avons du mal à rester connecté avec les autres, nous avons du mal à nous adapter, car à force de tout contrôler avec le digital, les notions de contraintes, d’imprévues, disparaissent, et ainsi non seulement cela touche notre rapport aux autres, mais aussi notre rapport à soi.

Je vous propose un exercice, que j’ai eu moi-même à faire au sein de mon école l’année dernière.

Prenez-vous un jour entier sans utiliser le moindre smartphone/tablette ordinateur et écrivez ensuite l’expérience sur papier. Qu’avez-vous fait pendant cette journée ? Qu’avez-vous ressentie ? Vous êtes-vous ennuyé ?

 

« Alone Together »

 

La chose la plus importante que les gens veulent c’est le contrôle de où ils ont mis leur attention.

-Aujourd’hui nous voulons être partout tout en pouvant être nul part.

-Aujourd’hui nous voulons tous savoir sans rien connaître.

Ainsi nous avons tendance à nous replier sur nous-même, car là au moins nous avons un contrôle parfait, et si nous interagissons, il nous faut suivre un protocole, des règles à laquelle nous pourrons nous rattacher.

 

« Goldilocks effect »

 

Comme l’explique Sherry Turkle nous voulons être ni trop proche, ni trop loin, juste comme il faut.

Dans une conversation en tête à tête on ne peut pas contrôler ce que l’on va dire. Et cela provoque une sorte d’anxiété, d’angoisse à l’idée d’avoir une conversation de face à face sans filtre.

Cela me fait furieusement pensé au principe du carnet en négociation.

En 2015, j’avais suivi un cours de négociation, il nous était expliqué que lors d’une négociation il faut privilégié l’utilisation d’un carnet, non pas uniquement pour pouvoir prendre des notes mais aussi pour nous en servir de filtre, de distance avec notre interlocuteur lorsque nous ne sommes pas d’accord sur ces points. Ainsi on se sert des notes, on peut y jeter un œil, sans avoir le regard fixé sur notre interlocuteur et ainsi éviter de lui mettre une pression supplémentaire. Le bloc note sert finalement d’intermédiaire neutre dans la négociation.

 

Nous pouvons devenir n’importe qui sur internet.

Etant en quelque sorte un « fils de pub » étant donné que je travail dans la communication, il est vrai que la communication personnelle est de plus en plus encrée dans des générations où l’apparence, aidée par les réseaux sociaux est un élément clé.
Le digital c’est communiqué à moitié :
Un texto peut être touchant mais il ne permet pas d’en apprendre suffisamment sur l’autre pour vraiment apprendre à se connaître et se comprendre mutuellement.

Mais la communication ce n’est pas uniquement se connaître dans l’échange, ça nous permet aussi de nous connaître nous même, donc pour un adolescent cela peut provoquer des difficultés dans sa capacité à se développer (autoréflexion) le fait de communiquer uniquement par internet.

De là on peut se poser la question de communiquer uniquement avec des machines virtuelles : Voir Episode 1 Saison 2 de Black Mirror

Il y a quelques semaines un ami m’annonçait qu’il avait développé un Bot sur instagram qui lui permettait de follow/unfollow des profils, d’envoyer des likes, commentaires automatiques.

On en rigolait parce que des gens parfois lui envoyer des messages de remerciement suite à ses commentaires, alors qu’il n’avait strictement rien fait.

Facebook aussi avec son application Messenger va donner la possibilité aux marques de pouvoir interagir avec ses clients via des bots, les clients leurs posent des questions directement et une machine virtuelle leur répondra automatiquement en se basant sur une IA.

 

« We expect more from technology and less from each other »

 

La technologie va nous donner l’illusion de la compagnie sans les exigences de l’amitié.
Les technologies nous offrent 3 fantasmes gratifiant :

  • Nous pouvons mettre notre attention partout où nous voulons qu’elle soit
  • Nous serons toujours écouté
  • Nous ne seront jamais seul

Car oui être seul aujourd’hui est vu comme un problème, comme une « Négligence ? » Qu’il faut corriger au plus vite. On se pose donc facilement la question de la valeur de l’introspection…Il n’est pas étonnant qu’avec de tels comportements, les décisions hâtives soient légion.

 

Il faut donc partager, interagir (si on peut appeler ça interagir)

 

« Je partage donc je suis »

 

On est passé par le « je ressens quelque chose donc je vais le partager » au « Je veux ressentir quelque pour pouvoir le partager ». Entre nous combien d’amis connaissez-vous qui prennent des photos exclusivement pour les utiliser en photo de profile sur les réseaux sociaux, pas très étonnant que les séances de shooting photo ont explosé depuis l’ascension des réseaux sociaux.

Mais à cette surcommunication il y a évidemment un risque majeur :

 

« Nous sommes seul dans la foule »

 

En effet nous sommes connecté mais nous restons isolé car la communication exclusive, avec un proche risque de ne plus exister…

Il faut apprendre à savoir être seul, si nous n’apprenons pas à nos enfants à être seul, ils ne connaitrons que la solitude.

 

En conclusion, questionnez-vous. Questionnez-vous sur ces objets du quotidien qui sont censés vous simplifier la vie. Questionnez vous sur ces habitudes que vous prenez avec ces mêmes objets. Et observez. Observez la manière dont vous vous comportez. Observez la manière dont vous échangez avec les autres.

Afin de voir comment ces petits objets du quotidien ont, peut être changé qui vous étiez.

 

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